Bien choisir son engrais naturel pour des fraisiers productifs

Oubliez les débats stériles sur la place de la fraise au potager : ce fruit, star incontestée des jardins familiaux, s’impose par son goût et sa générosité. Pour la création récente d’une nouvelle fraisière (Mara des Bois), voici un tour d’horizon concret de la culture des fraisiers. Ce billet s’enrichira au fil des saisons, pour suivre les étapes et les surprises de cette plantation en pleine évolution. Les fraises trouvent naturellement leur place au potager, et rares sont les enfants, ou les jardiniers, qui bouderaient ce plaisir. Certes, la fraise n’a rien d’un légume, mais sa présence dans les rangs des cultures potagères ne fait plus débat.

Un peu de botanique

La fraise, membre de la grande famille des rosacées (aux côtés des roses, de l’aubépine ou de nombreux fruits), n’est pas un fruit ordinaire. Sa partie comestible est en réalité le réceptacle charnu d’une fleur fécondée, autour duquel se trouvent les véritables fruits : de minuscules akènes que l’on prend pour des graines à sa surface.

A lire également : Fraises pour défonceuse : comment les choisir

Conditions de croissance des fraises : climat et exposition

Grâce à la diversité de ses variétés, la fraise s’adapte à la plupart des régions, jusqu’à 1 500 mètres d’altitude. L’ensoleillement reste toutefois son allié le plus sûr pour garantir une bonne fructification.

A voir aussi : Comment choisir son abri de jardin ?

Jeunes plants de fraisiers : choisir le bon emplacement

Les fraisiers réclament une exposition lumineuse, idéalement en plein soleil pour offrir le meilleur d’eux-mêmes.

Sol

Les fraises apprécient un sol acide à neutre et redoutent le calcaire, même si certaines variétés peuvent s’en accommoder. Un terrain lourd ou gorgé d’eau ? Surélever la culture sur de petites buttes peut faire toute la différence en évitant l’excès d’humidité.

Variétés de fraises

Avant toute plantation, vérifiez auprès de votre fournisseur que la variété choisie supportera bien le climat local. Voici les principaux types de fraisiers que vous pourrez rencontrer :

Variétés non remontantes

Ces fraisiers produisent leurs fruits sur environ un mois, selon leur précocité :

  • Précoces : Elvira, Gariguette, Favette, Surprise des Halles…
  • De mi-saison : Belburi, Mme Moutot, Gorella…
  • Tardives : Maraline, Marascor, Bogota, Senga, Talisman…

Variétés remontantes

Après une première vague de récolte, ces variétés marquent une pause d’un mois avant de fructifier à nouveau jusqu’aux gelées. Parmi elles : Mara des Bois, Gento, La Rabunda, Selva, Profusion, Saint-Claude…

Fertilisation et plantation des fraisiers

Avant la plantation, il est conseillé d’apporter une bonne quantité de compost mûr (30 à 50 kg pour 10 m², soit entre une et une brouette et demie). La multiplication s’effectue par plantation de stolons issus de pieds vigoureux et jeunes. On peut choisir des plants frais, dits « frigo » (arrachés en hiver et conservés à 2°C jusqu’à la mise en place), ou bien opter pour des stolons enracinés récupérés dans une fraisière existante, une alternative économique et fiable.

Dès l’arrachage, il ne faut pas traîner : les variétés remontantes se mettent en place en mars ou avril. Une récolte modeste est parfois possible dès la première année, mais mieux vaut ôter une partie des premières fleurs pour éviter d’épuiser les plants. Quant aux variétés non remontantes, elles sont plantées de juin à juillet.

Voici les étapes recommandées pour installer vos fraisiers dans de bonnes conditions :

  • En terrain lourd, façonner de petites buttes d’une vingtaine de centimètres pour faciliter l’écoulement de l’eau et éviter l’humidité stagnante.
  • Préparer des trous de plantation composés pour un tiers de compost, un tiers de terre du jardin et un tiers de terreau, en disposant deux rangées espacées de 50 à 70 cm et les plants à 30-50 cm sur la ligne.
  • Praliner les racines dans une boue d’argile juste avant la mise en terre.
  • Planter chaque stolon avec délicatesse de façon à orienter les racines vers le bas, sans enterrer le collet ni le laisser dépasser au-dessus du niveau du sol. Creuser à la main ou à la petite pelle, jamais avec un outil trop agressif.
  • Arroser copieusement après la plantation et maintenir le sol humide jusqu’à la reprise.

Pour tirer profit de l’espace entre les rangs de fraisiers, il est astucieux d’y installer des salades ou des épinards en attendant que les fraisiers s’étendent. Parsemer quelques alliacées (ail, échalotes, poireaux) parmi les fraisiers leur offre une protection naturelle contre la moisissure. Une fraisière se renouvelle généralement tous les 3 ou 4 ans, mais avec un bon entretien, la production peut se prolonger bien au-delà.

Entretenir ses fraisiers

Après moins d’une semaine, les plants « frigo » montrent déjà des signes de reprise. Les fraisiers prospèrent dans un sol riche en humus ; un apport régulier de compost chaque année leur est bénéfique. Le paillage, surtout avec des matériaux acides comme l’écorce ou les aiguilles de pin, ou du BRF résineux, s’avère précieux si le terrain est calcaire. L’arrosage au pied, de préférence par goutte-à-goutte, limite les maladies. Pensez à couper régulièrement les stolons inutiles pour éviter que la vigueur des plants ne se disperse. Ne conservez que ceux destinés à combler un trou ou à être prélevés pour de futurs repiquages.

Protéger naturellement les fraisiers des ravageurs et maladies

Les fraises font saliver plus d’un prédateur, qu’il soit à coquille ou à plumes.

Escargots

Le hérisson, grand amateur d’escargots, mérite d’être invité au jardin : laissez quelques tas de brindilles pour l’encourager à s’installer. Autre solution : entourer les plantations de feuilles de fougère, qui constituent une barrière naturelle. Installer des planches au sol permet également de piéger les gastéropodes, qu’il suffit ensuite de récupérer et de relâcher loin du potager (ou chez un voisin, de préférence avec humour). Si l’invasion persiste, le ferramol, seul anti-limace biologique respectant la faune auxiliaire, peut s’utiliser. Des barrières anti-escargots sont aussi proposées dans le commerce, comme ici, mais leur efficacité et leur coût peuvent interroger. Il est vivement déconseillé de recourir aux pièges à bière : ces derniers attirent les escargots de loin, augmentant leur population au jardin au lieu de la limiter.

Oiseaux

Des épouvantails ou des vieux CD suspendus près des fraisiers peuvent troubler les oiseaux, mais la pose d’un filet durant la maturation reste la méthode la plus fiable pour protéger la récolte.

Thrips

Lorsque la chaleur et la sécheresse s’installent, ces petits insectes prolifèrent sous les feuilles, où l’on observe aussi leurs larves claires. Une infusion de tanaisie ou d’ail, utilisée en bordure de récolte, suffit généralement à repousser ces indésirables.

À côté des attaques animales, les fraisiers sont sensibles à diverses maladies cryptogamiques, en particulier dans un sol lourd ou calcaire. Sans lister toutes les pathologies possibles, il est judicieux de privilégier la culture sur butte, et de prévoir des traitements préventifs à base de prêle ou de bicarbonate de soude.

Récolter les fraises

Pour savourer pleinement la saveur des fraises, il faut les cueillir à maturité, ni trop tôt ni trop tard. Mais attention, la compétition fait rage dans le jardin dès qu’elles rougissent : oiseaux, limaces, voisins et petites mains impatientes ne vous laisseront aucun répit. À chacun sa stratégie pour protéger ce trésor rouge vif.